Féminismes et féminités

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Le tout et le pas tout

Le discours analytique peut éclairer nombre de discours féministes et, à l’inverse, bien qu’opposés dans leurs nécessités, ces derniers rendent fécondes certaines zones de la logique analytique. L’auteur soutient que la psychanalyse a en réserve, à son insu, une pensée encore à déchiffrer, dont la portée féministe est vaste.

Un débat n’a pas vraiment eu lieu entre les féminismes et les grandes étapes de la pensée du féminin en psychanalyse. Les oppositions formulées donnèrent souvent lieu à rupture, sans compromis, et elles furent, de ce fait, fondatrices de mouvements distincts sans possibilité de dialogue. Gisèle Chaboudez explique ce hiatus par les logiques contradictoires dont l’un et l’autre relèvent :

  • l’une pense dans les termes que sa pratique exige, selon un « pas tout » laissant ouvertes la singularité, l’altérité, la pluralité des sens, la discontinuité d’un hors discours ;
  • l’autre se resserre progressivement autour d’un « tout », de l’Un et du toutes, d’un pourtout que l’efficacité politique semble appeler.

L’auteur en déchiffre quelques éléments et quelques concepts en termes de logique. Elle montre que le discours analytique peut éclairer nombre de discours féministes et, à l’inverse, bien qu’opposés dans leurs nécessités, ces derniers rendent fécondes certaines zones de la logique analytique. Elle soutient que la psychanalyse a en réserve, à son insu, une pensée encore à déchiffrer, dont la portée féministe est vaste.